RLS-TECH ENGAGEE DANS LA DECOUPE DE MASQUES

Il y a encore un mois l’entreprise de Cosnac, RLS-Tech, dirigée par Richard Lamarche, spécialisée dans l’étanchéité pour l’industrie ne savait pas qu’elle allait participer à la découpe de plusieurs milliers de masques destinés aux hôpitaux, aux EHPADS…

 

  • DU JOUR AU LENDEMAIN PLUS OU TRES PEU DE COMMANDES

 

« Chez RLS-Tech, habituellement on transforme autre chose que des masques. Notre métier est de découper-transformer des pièces pour l'étanchéité statique et dynamique, destinées à l’industrie : pharmaceutique, agro-alimentaire, l'énergie, la chimie et pétrochimie, le pétrole et gaz, l’industrie papetière, le secteur aéronautique... » explique Richard Lamarche, fondateur de RLS-Tech.

 

A l’annonce du confinement, les commandes s’effondrent, la PME qui emploie 9 salariés en France et 2 au Maroc doit avoir recours au chômage partiel et voit son chiffre d’affaires s’écrouler « du jour au lendemain plus ou très peu de commandes, alors que l’on était sur une très bonne année 2019 avec un chiffre d’affaires d’ 1 million six cent cinquante mille euros, en progression de 14%. Notre objectif était de faire le même chiffre en 2020. Aujourd’hui, on est à 15% du chiffre d’affaires, c’est grave ! »

 

C’est alors qu’un des clients de l’entreprise, Fibre Excellence à Saint-Gaudens, met RLS en contact avec la société CNI – Christine Nayrac Innovation - notamment spécialisée dans la recherche et le développement de produits textiles techniques.  CNI s’est lancée dans la fabrication de masques avec l’aide de couturières bénévoles. Le masque en question est une innovation : il retient les projections dans les deux sens, il est efficace pendant 8 heures et lavable 50 fois. Un produit qui fait partie des rares aujourd’hui, en France à être breveté et surtout homologué marquage CE avec une inscription ANSM.

 

« Fibre Excellence souhaitait passer une commande à CNI mais l’entreprise n’avait plus personne pour la découpe des tissus réalisée habituellement au Portugal. C’est là qu’ils nous ont appelés ».

 

  • 7 300 PIECES DECOUPEES EN UN WEEK-END

 

L’entreprise corrézienne décide alors de s’engager, même si elle sait qu’elle va travailler à perte.

 

« On est tellement désabusé de voir cette pénurie de masques, on a tellement envie que ça s’arrête. J’étais donc prêt à sortir de ce que l’on fait habituellement pour pallier ce manque, quitte à travailler toutes les nuits. On m’a  dit qu’il y avait une aide de l’Etat mais ce n’est pas ce que je recherche. Le but étant de sortir au plus vite de cette pandémie».

 

Après que son technicien machine, Richard Hauchecorne, ait effectué tous les réglages des machines, Richard Lamarche, une partie de son équipe et un ami, ont passé leur week-end de Pâques à l’atelier, respectant tous les gestes barrières qui s’imposent. « Nous avons découpé 7 300 pièces entre vendredi soir, samedi et dimanche. Vous divisez par 2 et ça vous fait le nombre de masques. Normalement c'est une pièce mais ils préfèrent en mettre 2 pour être sur le haut de la norme. Je les ai livrés lundi matin sur Toulouse.

 

Actuellement, CNI, est submergé de commandes, car ils utilisent un matériau très particulier.  Ces masques vont partir dans les hôpitaux, les EHPADS. Des infirmières, médecins, chirurgiens… vont pouvoir se protéger » se félicite le chef d’entreprise, heureux d’avoir pu contribuer à cette action de solidarité. Aujourd’hui, même si des commandes sont encore en attente, c’est le tissu qui vient à manquer. « Pour cette semaine on attend les rouleaux de tissus ».

 

PRET A REDEMARRER

 

Pour ce qui concerne son activité initiale, dès l’annonce de la crise, RLS-Tech  avait rempli ses stocks. Elle honore d’ailleurs encore quelques commandes notamment pour l’industrie papetière, pour l’hygiène notamment,  les industries  du  bio éthanol qui ont dû modifier leur process, qui sont des entreprises réquisitionnées.

 

RLS -Tech se déclare d’ailleurs prête à intervenir immédiatement en cas de commandes supplémentaires, « nos équipements nous permettent de travailler au plus vite, si un client process doit intervenir en grande maintenance, nous avons les matières premières pour transformer pour plusieurs sites de production. On sera prêt immédiatement, en reprenant toute notre équipe et avec toutes les précautions qui s’imposent. »

 

Cécile Chadeyron (CCI Correze)

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